L’expression :
Ce
procédé est réservé aux matières premières rangées par les parfumeurs dans la catégorie des hespéridés (oranges, citrons,
mandarines,...). Les huiles essentielles de ces fruits sont contenues dans les petites glandes de leur écorce (zestes). En
pliant un morceau de ces écorces il s'en échappe alors quelques gouttelettes, mélange d'essence odorante et d'eau. C'est le
même principe qui est utilisé en parfumerie; mais l'extraction de l'essence est réalisée grâce à des machines perfectionnées.
Avant cette mécanisation, les méthodes ont longtemps été artisanales. Autrefois, on frottait le fruit manuellement sur les
parois garnies de picots d'une écuelle de bois. L'huile ainsi exprimée était recueillie à l'aide d'une éponge. Elle était
ensuite soigneusement filtrée. De nos jours, les fruits sont pressés à froid. Ensuite, par centrifugation, on sépare l'huile
essentielle du jus de fruit. Cette technique permet d'extraire à faible coût
des essences de bonne qualité.
L’enfleurage :
l’enfleurage
est l’une des techniques les plus anciennes d’extraction.
Il
existe différents types d’enfleurages, à froid, à chaud ou à température ambiante. Néanmoins, le principe de tous ces
enfleurages reste le même.
Constatant l'affinité des matières odorantes avec les corps gras, on décida assez tôt
de faire macérer les fleurs dans des graisses ou des huiles, chauffées au bain-marie ou naturellement par le soleil. Une fois
l'excipient gorgé de parfum, on filtrait les corps gras au travers de tissus, de lin tout d'abord puis de coton, et on obtenait
une sorte de pommade parfumée. Avec le progrès des techniques de distillation et d'extraction, on décida de laver les pommades
à l'alcool pur, celui-ci ayant la propriété de se charger de leur odeur. On battait mécaniquement le mélange alcool/graisse,
puis on le laissait reposer avant de récupérer séparément la substance oléagineuse et l'alcool. Cette opération était répétée
2 à 3 fois. L'alcool devenait ensuite un extrait parfumé, que l'on filtrait une dernière fois pour éliminer toute trace de
graisse. Sur le même principe que l’enfleurage à chaud, l’enfleurage à froid offre l'avantage de pouvoir traiter
des fleurs fragiles, telles le jasmin ou la tubéreuse. Depuis le début du XIXeme siècle les pétales sont plongés dans une
solution chaude, mais déposés sur une mince couche de graisse, elle-même étendue sur la plaque de verre d'un châssis en bois
de 40 à 60 cm de côté. Le corps graisseux est un mélange de graisse de porc et de graisse de bœuf, épuré et stabilisé
avec du benjoin ( résine naturelle).
Les fleurs qui continuent à vivre quelques temps après la cueillette sont soigneusement
triées et y sont laissées pour une durée variable (24heures pour le jasmin, 72 pour la tubéreuse) , retirées, puis remplacées
par de nouvelles fleurs jusqu'à ce que l'élément gras soit saturé de parfum ( environ 3 mois après). Ensuite la graisse est
lavée à l'alcool à froid afin de rendre solubles ses principes aromatiques. Après évaporation de l'alcool, on filtre le mélange
pour obtenir une absolue de pommade.
Par cette méthode, 1 kilo de graisse pouvait absorber le parfum de 3 kilos de fleurs.
Cette technique a été abandonnée vers 1930 car le coût d'un tel traitement était exorbitant, il fallait une main-d’œuvre
trop importante et un grand nombre de châssis, ainsi, on comprend que l’enfleurage
ne soit plus prodigué aujourd'hui qu'à quelques compositions d'exception.
Le Softact® ou extraction
au CO2 critique :
Il s'agit d'un
nouveau procédé d'extraction des matières premières végétales. Elle utilise une propriété singulière du gaz carbonique. Placé
sous pression à une température inférieure à 40°C, le CO2 passe au stade supercritique, c'est-à-dire liquide. Il acquiert
les qualités d'un solvant, alliées à la fluidité d'un gaz. Grâce au Softact®, on peut obtenir des extraits d'une qualité olfactive
et d'une pureté sans égales, sans aucune trace de solvant, non soumis à de hautes températures : on peut parler d'extraction
douce.
Le CO2 permet d'extraire des substances odorantes peu volatiles, celles que dégagent les épices, par exemple, et
plus généralement les matières premières sèches, récalcitrantes aux techniques d'extraction traditionnelles.
Le CO2, recyclé
à l'intérieur du système, ne pollue pas : c'est un gaz totalement inoffensif que l'on peut relâcher sans risque dans l'atmosphère.